Groenland 2014

Projet Nunataq | Du 15/04/2014 au 04/05/2014 (20 jours)

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fonctionnement clavier

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Intro

Un privilège. C'est forcément le premier mot qui vient à l'esprit au moment d'introduire le récit de ce voyage. Le privilège d'avoir marché sur les traces de Paul-Émile Victor, 77 ans plus tard. Le privilège de s'être coupé de tout et de tous. Loin, si loin là-bas, où il ne reste que le silence et la solitude du bout du monde. Le privilège, enfin, de compter parmi les rares personnes à avoir posé le pieds dans ces vallées oubliées. Oui, un privilège : le mot n'est ni trop fort, ni galvaudé.

Évidemment, celui qui comparera le plan de route initial au parcours final, sera tenté d'émettre quelques réserves sur ce qui précède. “<i>Ouais… En fait ils n'ont fait que la moitié du chemin prévu et, si on regarde bien, ils auront passé autant de temps à attendre l'hélico (donc à ne rien faire) qu'à marcher</i>”… Oui, c'est vrai… Mais, en substance, je dirais que c'est justement ce qui donne tout son sens à l'aventure que nous avons vécue.

Les hommes proposent, la nature dispose… Et, fatalement, le rapport que nous entretenons au temps dans nos vies occidentales, devient aberrant. Du temps, du temps, du temps… Oui, du temps. Ici, il faut apprendre à en laisser au temps. Le temps nécessaire pour que les choses se fassent… En leur temps.

Un privilège. C'est finalement le dernier mot qui reste quand on regarde en arrière. Le privilège d'avoir attendu que le bon moment soit venu. Et celui de réaliser, quand l'heure du retour a sonné, que l'on s'apprête à quitter un endroit dans lequel on ne retournera très certainement jamais…

J1 - Whale tasting

15/04/2014 | Grenoble - Lyon Part-Dieu - Aéroport Paris Charles de Gaulle - Aéroport de Keflavík - Reykjavík

  • Bien en avance, sur le quai de la gare.
  • Le TER n'a même pas de retard.
  • Courte pause à Lyon.
  • Le temps de croiser Séb & Charlotte (celle de l'agence, pas la mienne) en bas de l'escalator.
  • A CDG, dernier arrivé.
  • Pile à l'heure pour s'enregistrer.
  • Iceland Air nous a offert un sous-pull en laine pour nous souhaiter bonne chance.
  • Sympa.
  • Ils nous ont aussi permis de passer par la file VIP.
  • Tant mieux, parce qu'il y avait plein de monde
  • Le vol pour Reykjavík m'a semblé très long.
  • Pourtant, il était aussi long que les fois d'avant.
  • Sunna Guest House…
  • … Plein de bons souvenirs.
  • Affaires débarqués, briefing improvisé dans le hall du 3ème étage.
  • Et puis il était déjà l'heure d'aller manger.
  • Temps typiquement islandais.
  • Neige.
  • Soleil.
  • Neige.
  • Vent.
  • Neige.
  • Nuages.
  • Sur le port, Séb a ses adresses.
  • Saegreifinn, boui-boui un peu obscur à deux pas des chalutiers, réputé pour sa soupe de homard et ses produits de la mer…
  • … L'enfer alimentaire pour moi.
  • A bien regarder la carte, pas vraiment le choix…
  • Alors, steak de baleine !
  • Une expérience comme une autre.
  • Et, quoi qu'en pense Greenpeace, c'est pas si mauvais…

J2 - A mi-chemin

16/04/2014 | Reykjavík - Kulusuk - Tasiilaq

  • Tout avait pourtant bien commencé.
  • Une bonne nuit douillette.
  • Une bonne douche chaude.
  • Le buffet petit-déjeuner (à volonté) de Sunna Guest House.
  • Un petit crachin islandais…
  • Nous étions bien en avance à l'aéroport…
  • … Et enregistrés les premiers sur le vol pour Kulusuk.
  • Un croissant au jambon plus tard, le temps se levait, et je mettais le pied sur le sol groenlandais pour la première fois.
  • Un saut de puce pour Tasiilaq.
  • Le matériel nous attendait près du hangar.
  • Plus qu'à tout entasser dans les pulkas.
  • Tout semblait voué à s'enchaîner parfaitement…
  • Groupe paré.
  • Temps parfait.
  • Hélico dispo…
  • L'espace d'un instant, on aurait presque été tenté d'oublier qu'on était dans l'arctique…
  • … Au Groenland qui plus est.
  • Mais, heureusement, c'est à cet instant que les choses ont commencé à se compliquer.
  • Et c'est devenu toute une histoire…
  • … qu'aujourd'hui encore on a un peu de mal à comprendre.
  • Il y a seulement deux choses dont on soit sûrs :
  • La première, c'est que son plan de vol n'était pas bon : son papier disait qu'il devait, le même jour, nous déposer dans le fjord et aller nous récupérer au Mont Forel (ou l'inverse, peu importe). Ce qui, quand on y pense, est relativement improbable.
  • La deuxième, c'est qu'au lieu de nous demander ce qu'était réellement le plan de vol, il est resté coincé dans ses idées de trèèèèèèèèès longues heures.
  • … Comment résumer…
  • Au début, le pilote nous a dit que c'était impossible.
  • Comme Séb a beaucoup insisté pour que ça le devienne (possible), il nous a tout fait peser, matos et bonhommes (au gramme près), pour savoir combien de kérozène il devait embarquer.
  • Vu le poids, il a essayé de voir s'il ne pouvait pas trouver un dépôt de kérozène en chemin.
  • Comme il n'y en avait pas, il a fait remplir puis charger d'énormes bidons de kéro dans l'hélico…
  • … Sauf qu'avec ces bidons à bord, il n'y avait plus assez de place pour tout le monde.
  • Il a donc essayé de voir si on ne pouvait pas avoir 2 hélicos (oui, oui, carrément) pour nous emmener jusqu'au fjord Kangertitivatsiaq.
  • Mais comme le pilote de l'écureuil (Cf. le deuxième hélicoptère basé à Kulusuk) avait déjà fait son quota d'heures, ce n'était pas possible.
  • Alors, il nous a annoncé qu'on allait scinder le groupe en deux, et faire deux rotations.
  • Moment de flottement…
  • Séb a finalement réussi à lui ré-expliquer calmement le plan de vol.
  • Et, tout d'un coup, tout est devenu possible.
  • Welcome to Greenland !
  • Le pilote a fait déracharger le kérozène.
  • Il a fait charger tout le matériel.
  • Il nous fait monter à bord.
  • Et, après 3 heures de suspense, on a enfin décollé.
  • Cap sur l'île Storø.
  • On ne saura jamais ce qui se serait passé si nous étions partis 3 heures plus tôt…
  • … Mais ce dont on est sûrs, c'est qu'à mi-chemin le temps s'est mis à tourner…
  • … Et qu'on a dû faire demi-tour.
  • Retour à la case départ.
  • Et nuit à la Red House de Tasiilaq.
  • Oui, tout ça pour ça.

J3 - Apprendre à attendre

17/04/2014 | Tasiilaq

  • Toute la nuit, le vent a hurlé et la neige a volé.
  • Le matin venu, temps affreux et poêle à fond.
  • Chaleur insupportable dans la pièce à vivre, qui nous obligeait à…
  • … Ouvrir les fenêtres !
  • Courant d'air dans le cou, et neige par terre.
  • Évidemment, il ne fallait pas espérer grand chose de l'hélico par un temps pareil.
  • Quelques pas dans Tasiilaq, pour découvrir la ville.
  • Les containers empilés.
  • Les inuit saoûls comme des cochons.
  • Le linge qui essaie de sécher sous la fenêtre.
  • … Mouais…
  • Un saucisson et du fromage plus tard, nous tuions le temps comme nous pouvions dans la Red House.
  • … Jusqu'à ce qu'il soit l'heure de dîner.
  • Ô, miracle de l'arctique.
  • Le grand rideau blanc, soudain, s'est déchiré, laissant le soleil mettre un peu de lumière au milieu de la tempête.
  • Ah, si je pouvais y retourner…
  • Une journée à attendre.
  • La première mais pas la dernière.
  • Une journée pour apprendre.
  • Ou plutôt réapprendre, qu'il faut parfois savoir attendre.

J4 - Continuer d'apprendre

18/04/2014 | Tasiilaq

  • « Today, no flight ».
  • Dès le réveil, le ton était donné.
  • Et c'est Robert, le gérant de la Red House qui s'en chargeait.
  • … Immité peu après par Finn, le pilote d'Air Greenland.
  • Today, no flight…
  • No flight today…
  • Une rengaine qui allait devenir notre cri de guerre.
  • D'infusions, en bulletins météo…
  • D'itinéraires remaniés, en pauses thé…
  • La journée s'égrénait lentement.
  • Pour arrêter de tourner en rond, nous avons chaussé les skis.
  • Direction la banquise.
  • Sentir le vent piquer le visage.
  • Sentir les jambes travailler.
  • Oui, ça nous a fait du bien.
  • Car, après tout, c'est pour cela qu'on était venus.

J5 - Apprendre à changer

19/04/2014 | Tasiilaq

  • On prend les mêmes, et on recommence.
  • Aujourd'hui, plafond trop bas pour espérer s'envoler vers le Forel.
  • Et, de toute façon, quand bien même il aurait fait beau, l'hélico n'était pas dispo.
  • Comme tous les samedis, il était booké pour assurer les rotations entre les villages et Kulusuq.
  • Car le samedi (et c'est important pour la suite), il y a un vol entre Reykjavík et Kulusuq.
  • Les prévisions du lendemain sont bonnes…
  • … Très bonnes même…
  • … Mais la nouvelle nous cueille à froid au saut du lit.
  • Aucun vol dimanche : l'hélico est en maintenance.
  • Et une maintenance ne se décale pas.
  • Le lundi est annoncé mauvais.
  • Le mardi, aussi.
  • Au fond de soi, chacun fait les comptes.
  • Tout le monde sait que ne pas partir demain (dimanche), c'est ne pas partir du tout.
  • C'est laisser le Forel derrière soi, et rentrer chez soi.
  • Les mines sont basses, les airs las…
  • On comprend, on accepte, même si cela n'efface pas la frustration.
  • … Tous ces mois de préparation réduits à néant…
  • La leçon peut sembler dure, mais l'arctique est ainsi fait.
  • Et, ce jour là, j'ai compris que ce qui posait problème, ce n'était pas que la chance soit avec nous ou pas…
  • … Mais plutôt que notre rapport au temps n'était pas en phase avec la réalité.
  • Il faudrait pouvoir changer.
  • Réapprendre à prendre le temps.
  • Réapprendre à attendre que ce soit le bon moment.
  • Pendant que je réfléchissais à ces questions métaphysiques, Séb, lui, ne lâchait pas le morceau…
  • … Et faisait jouer son réseau local pour nous tirer d'affaire.
  • Pas d'hélico ?
  • On trouvera un bateau !
  • … Le soir commençait à tomber.
  • Au menu, crêpes.
  • Et puis, le téléphone a sonné…
  • … Trop mauvais pour que le vol en provenance de Reykjavík puisse se poser…
  • … Donc pas de technicien pour effectuer la maintenance de l'hélico…
  • … Donc, pas de maintenance…
  • Et voilà comment ce qui était impossible 30 secondes plus tôt, devenait subitement probable.
  • L'arctique est ainsi fait…

J6 - En avant...

20/04/2014 | Tasiilaq - Drop zone (Glacier de France) - Camp n°1 : Camp de l'étoile

  • Ce matin, tout le monde le sentait, les Dieux de l'arctique étaient avec nous.
  • Le ciel était clair.
  • Le soleil, radieux.
  • Dans le village, les cloches sonnaient.
  • C'était Pâques.
  • C'était le bon jour…
  • … Oui, tout le monde le savait.
  • Dans le hangar, l'hélico nous attendait.
  • Le temps de le charger et de le sortir…
  • … Voilà, nous étions partis !
  • Cap… sur le glacier de France, cette fois.
  • Avec 4 jours de retard sur le programme, nous ne pouvions en effet plus espérer faire l'itinéraire dans son intégralité.
  • Tant pis pour la banquise (et les ours qu'on trouve dessus), tant mieux pour le Forel.
  • Tout était blanc en dessous de nous.
  • Les pics se dessinaient.
  • Magnifique…
  • Une dernière angoisse en approchant du but :
  • Une épaisse mer de nuage s'agglutinait dans les vallées…
  • … Empêchant tout atterrissage.
  • Mais, ce jour là, souvenez-vous, les Dieux de l'arctique étaient avec nous.
  • Un dernier col franchi, le glacier de France.
  • Ô miracle, la mer de nuages s'arrêtait à nos pieds…
  • Une dernière poignée de mains, quelques mots pour nous souhaiter bonne chance…
  • … Voilà, nous étions seuls au monde…
  • … La marche en avant pouvait commencer.
  • Beau temps, belle neige.
  • Terrain large et dégagé.
  • Progression agréable…
  • C'est tout droit !
  • Le paysage était immense.
  • Une immensité qui dépasse l'entendement !
  • Un peu plus de 10 kilomètres plus tard, nous avions bouclé notre première étape.
  • Nous voici à la lisière du Femstjernen, le grand carrefour des glaciers.
  • Obstacle démesuré…
  • L'heure de monter le camp.
  • Le soleil se couchait dans une douceur infinie.
  • Le thermomètre affichait -24°c…
  • … Enfin !

J7 - Dans le champ de mines

21/04/2014 | Camp n°1 : Camp de l'étoile - Camp n°2 : Camp du champ de bataille

  • Après une première journée pépère, on entrait dans le vif du sujet.
  • Devant nous, un champ de crevasses de 10 kilomètres de large sur autant de long à traverser…
  • … Et une question : par où passer ?
  • A priori, par la grande moraine centrale, point de jonction entre le glacier de Paris et celui des Champs-Élysées…
  • … Le seul passage qui (de loin) semblait praticable au milieu du chaos.
  • Un instinct, de la patience, un peu de chance, de l'expérience (enfin, pas la mienne !)…
  • … Le bon choix !
  • Toute la journée, on naviguait sans encombre (enfin, presque… Benoît vous racontera) au milieu du champ de mines.
  • Petit à petit, le temps se couvrait.
  • Le coup de vent se profilait.
  • Arrêt juste à temps.
  • Monter le camp…
  • … Et ça se mettait à souffler.
  • De l'instinct, de la patience, un peu de chance, de l'expérience…
  • Oui, il faut un peu de tout cela pour faire les bons choix…

J8 - Chercher la voie

22/04/2014 | Camp n°2 : Camp du champ de bataille

  • Dans la nuit, le vent n'a pas molli.
  • 35/40 km/h de vent en permanence…
  • … Qui soulève la neige et fait claquer la tente.
  • En d'autres circtonstances, cela m'aurait peut-être empêché de dormir…
  • … Dans celles-là, ça m'a bercé.
  • Le matin venu, mauvaise visibilité.
  • Ce n'est pas parce que tout a bien marché la veille, qu'il faut penser que tout ira nécessairement bien aujourd'hui.
  • Alors, un peu de patience :
  • On ne se lance pas dans un terrain aussi hostile sans voir sur quoi on pose les pieds.
  • Une journée d'attente…
  • … Partagée entre de longues séances de repérage à la jumelle…
  • … Et quelques aménagements dans le camp (i.e. : des toilettes à l'abri du vent).

J9 - Sur l'autoroute

23/04/2014 | Camp n°2 : Camp du champ de bataille - Camp n°3

  • Une heure pour faire un kilomètre…
  • La pulka qui se renverse à chaque pas ou presque…
  • Enlever le harnais, remettre tout ça dans le bon sens…
  • S'arnacher et mettre un coup de rein pour repartir…
  • Faire deux pas et recommencer…
  • N'étaient les crevasses et l'absence de végétation, on aurait pu se croire dans le canyon des Ergs.
  • Heureusement, cela ne devait pas durer.
  • Encore une passe sinueuse, et nous sortions du champ de mines…
  • … Beaucoup plus facilement que ce qu'on avait craint au départ.
  • Ensuite, c'était l'autoroute.
  • Une vallée large de 5 kilomètres.
  • Une pente douce.
  • La voie royale…

J10 - La neige qui colle aux semelles

24/04/2014 | Camp n°3 - Camp n°4 : Camp de l'Avant-Garde

  • Le beau temps et la chaleur c'est bien…
  • … Quand on est sur la Côte d'Azur.
  • Quand on doit tirer une pulka qui fait les 2/3 de son poids, en revanche, c'est un peu chiant.
  • À chaque mètre, les peaux sous les skis embarquaient des kilos de neige.
  • Tirer plus fort…
  • Tirer encore…
  • Heureusement, le paysage faisait oublier l'effort.
  • A droite, l'Avant-Garde se dressait comme un rempart.
  • Derrière, on le savait, il y avait le Forel.
  • Un jour ou deux d'effort…

J11 - Dans le white out (« Séb, à droite ! »)

25/04/2014 | Camp n°4 : Camp de l'Avant-Garde - Camp n°5 : Camp de l'Avant-Garde bis

  • « Séb, à droite ! »
  • Le white out (ou jour blanc en français) c'est, comme son nom l'indique, quand tout est blanc autour de toi.
  • « Séb, à droite ! »
  • Ce jour là, le white out était vraiment (vraiment) très blanc…
  • « Séb, à droite ! »
  • … A ne pas pouvoir distinguer le sol du ciel (et si vous ne me croyez pas, vous n'avez qu'à regarder les photos).
  • « Séb, à droite ! »
  • Comment se diriger là-dedans, me direz-vous ?
  • « Séb, à droite ! »
  • Justement, c'est tout le problème…
  • « Séb, à droite ! »
  • Pour ne pas tourner en rond, il faut une boussole, un GPS, une corde et trois skieurs.
  • « Séb, à droite ! »
  • Le premier avance en suivant la boussole.
  • « Séb, à droite ! »
  • Le deuxième compare ce que le premier dit avec ce que dit le GPS.
  • « Séb, à droite ! »
  • Et le troisième vérifie que la cordée avance à peu près dans l'axe, et essaie de corriger le tir quand ce n'est pas le cas (c'est à dire à peu près tout le temps).
  • « Séb, à droite ! »
  • Privé de repère quand on marche, il paraît qu'on a tendance à tirer sur la gauche…
  • « Séb, à droite ! »
  • Bon, c'est Séb qui nous a dit ça, mais vu ce qu'on a vu ce jour là… On le croit volontiers !
  • « Séb, à droite ! »
  • Sur le moment, je l'avoue, je n'étais pas très convaincu par le rapport bénéfice/risque + fatigue de la manoeuvre.
  • « Séb, à droite ! »
  • Mais, avec du recul, je sais que les 2 kilomètres que nous avons péniblement parcourus ce jour là, ont été importants…
  • « Séb, à droite ! »
  • … Tant pour entretenir la dynamique de notre avancée…
  • « Séb, à droite ! »
  • … Que pour ne pas avoir à les faire le jour d'après !
  • « Séb, à droite ! »
  • Bref, une expérience mémorable…
  • « Séb, à droite ! »

J12 - Au Forel

26/04/2014 | Camp n°5 : Camp de l'Avant-Garde bis - Camp n°6 : Camp PEV

  • Au réveil, une bonne nouvelle :
  • On était, à peu de choses près, là où on pensait être en s'arrêtant la veille !
  • Journée radieuse et prometteuse.
  • Plus qu'une petite dizaine de kilomètres à faire pour arriver là où PEV s'était arrêté…
  • … Une formalité vous pensez ?
  • Que neni !!!
  • Voir le Forel, ça se mérite !
  • La “route” grimpait, le soleil cognait, la neige collait méchamment…
  • … Et le Forel continuait à se cacher derrière un éperon rocheux, que Benoît aurait bien aimer dynamiter.
  • En somme, un de ces grands moments de plaisir, où l'on se dit intérieurement : « Non mais quelle idée… »
  • Heureusement, quelques divertissements en chemin.
  • 5 bonhommes torses nus au milieu de nulle part, et une bonne-femme qui les prend en photo…
  • Les traces perdues d'une bestiole égarée…
  • Et, surtout, au bout de l'effort, une vue privilégiée sur le Mont Forel…
  • … L'émotion de se trouver là où PEV s'était arrêté.
  • … Là où on voulait aller.
  • La récompense…

J13 - Prendre le temps

27/04/2014 | Camp n°6 : Camp PEV

  • Au réveil, du silence…
  • … Et l'ombre des montagnes qui glissait sur la neige vierge…
  • … Qui s'étirait tout en douceur jusqu'à mes pieds.
  • Une journée pour en profiter…
  • Le vol retour étant prévu pour le lendemain, nous avions tout le temps d'explorer la zone…
  • … Comme l'avait fait PEV 77 ans avant nous.
  • Grimper le glacier de l'Ours…
  • … Sans pulka.
  • Étrange sensation de légèreté…
  • A la descente, retrait des peaux de phoque…
  • … J'aimerais vous dire qu'on est allés plus vite…
  • … Mais Éric n'aime pas les descentes… ;)

J14 - Un coup pour rien

28/04/2014 | Camp n°6 : Camp PEV

  • Un lever plein d'espoir.
  • Temps suffisamment clair pour que l'hélico puisse voler…
  • … Tout le monde en était sûr : on allait tranquillement rentrer chez nous.
  • Très confiants, nous avons donc pris le temps de petit-déjeuner…
  • … Avant de plier le camp.
  • L'hélico devait arriver dans la matinée…
  • … Comme à midi il n'était toujours pas là, on a sorti le téléphone satellite.
  • On nous a dit qu'il viendrait en fin d'après-midi.
  • On a donc pris le temps de manger…
  • … De faire la sieste…
  • … Et de glander.
  • La fin d'après-midi était arrivée.
  • … Mais l'hélico n'était toujours pas là.
  • Alors on a rappelé.
  • On nous a dit qu'il aurait un peu de retard sur les prévisions.
  • … Un peu de retard plus tard, il n'était toujours pas là.
  • Alors on a re-rappelé.
  • On nous a dit qu'il était en chemin…
  • … Mais un bon bout de chemin plus tard, il n'était toujours pas là.
  • Alors, on a rappelé une dernière fois.
  • Et cette fois le verdict est tombé :
  • Trop de nuages dans les vallées…
  • … Impossible de passer.
  • Mais demain, qui sait…
  • Bref, plus qu'à remonter le camp…

J15 - No flight today

29/04/2014 | Camp n°6 : Camp PEV

  • Même l'optimisme forcené (et obstiné) de Séb ne pouvait rien contre les nuages qui bouchaient le ciel.
  • No flight today non plus.
  • Alors, que font cinq hommes et une femme quand ils s'ennuient au fin fond de l'arctique ?
  • Ils font ce que les hommes et les femmes ont toujours fait :
  • Ils améliorent leur camp.
  • … Creuser une fosse pour les toilettes.
  • … Construire des murs autour pour se protéger du vent.
  • … Empiler des blocs de neige pour faire un igloo.
  • … Trouver une solution pour finir l'igloo, quand on a réalisé qu'on n'avait pas encore la compétence d'un vrai inuit pour le construire correctement.
  • Mais pas seulement…
  • Ils comptent aussi le nombre de jours de nourriture qui leur reste…
  • … Et, quand ils ont fini de compter, ils improvisent la (fameuse) danse du Forel, censée faire arriver l'hélico plus vite.
  • De quoi être sérieusement fatigué à la fin de la journée…
  • … Et aussi un peu frigorifié.

J16 - Sous la fenêtre

30/04/2014 | Camp n°6 : Camp PEV

  • La nuit…
  • Le froid…
  • Cette nuit là, impossible de se réchauffer.
  • Pourtant, il ne faisait pas si froid que ça.
  • -20, -25 au pire.
  • Pas moins…
  • Plafond bas, et hélico mobilisé par le vol du mercredi pour Reykjavík.
  • Oui, oui, celui-là même qu'on était censés prendre.
  • No flight today, définitivement.
  • … L'occasion rêvée d'aller plus haut et plus loin que la dernière fois.
  • 7 kilomètres à l'aller, autant au retour.
  • Presque au fond de la vallée.
  • Air frais, air pur…
  • … La liberté.
  • Cette fois, fini l'encordage pour la descente.
  • Ski de piste.
  • À fond vers le camp !

J17 - Flight today

01/05/2014 | Camp n°6 : Camp PEV - Tasiilaq

  • Cette fois, il y avait un créneau météo favorable.
  • Ici et en bas.
  • L'hélico était dispo.
  • Le pilote n'avait pas dépassé son quota d'heure de vol.
  • Charlotte nous avait trouvé des places dans le vol Kulusuq - Reykjavík de samedi.
  • Cette fois, c'était le bon jour.
  • … Oui, tout le monde le savait.
  • Camp plié pas trop vite, avec la prudence de ceux qui ne veulent pas se porter la poisse…
  • … Mais camp plié quand même !
  • Et puis, soudain, au milieu du silence, un bruit.
  • Un bruit qu'on espérait entendre, mais qu'on n'osait plus attendre.
  • Presque irréel…
  • Quelques seconde plus tard, le bruit devenait point rouge à l'horizon…
  • Un point qui fonçait sur nous à vive allure.
  • Virage à 45° au-dessus de nos têtes.
  • Vol stationnaire à 15 mètres de nous…
  • … Pour faire durer le plaisir.
  • Pardonnez ma franchise…
  • … Mais on a pris de la neige plein la gueule.
  • Le rotor s'est enfin arrêté.
  • La porte s'est ouverte.
  • Tom Cruise a pris une photo, posé son thermos de café, et s'est avancé vers nous.
  • « Hello guys, sorry for the delay ! »
  • La poignée de main a été chaleureuse.
  • La séance photos, interminable…
  • … Il faut comprendre que, même pour un pilote d'hélico qui travaille au Groenland depuis 10 ans, venir jusqu'ici est exceptionnel.
  • Et que dire du vol retour…
  • Tonny (puisque c'est son vrai nom), nous a fait la totale.
  • … Remontée du glacier de l'Ours, et vue imprenable sur l'ice-cap.
  • … Tour complet du Forel, avec rase-motte du sommet en prime.
  • … Et, bien entendu, rase-motte de tous les cols (ou assimilés) qui se trouvaient sur notre route (ou juste à côté).
  • Bref, un moment inoubliable.
  • Je pense que le pilote s'est éclaté autant que nous…
  • … Non, en fait plus que nous.
  • Et voilà.
  • Back to Tasiilaq.
  • La neige était partie.
  • La Red House était vide.
  • Ouf, quelle journée !

J18 - Tasiilaq

02/05/2014 | Tasiilaq

  • Dernière journée à Tasiilaq.
  • La paie du mois venait de tomber.
  • À tous les coins de rue, des bouteilles vides…
  • … Drôle de spectacle.
  • Au menu du dîner, phoque du Sermilik.
  • De la viande avec un goût de poisson…
  • … Bof…

J19 - Reykjavík !

03/05/2014 | Tasiilaq - Kulusuk - Reykjavík

  • Plafond bas…
  • … Mais pas assez pour empêcher l'hélico de voler.
  • À l'héliport, l'hôtesse chargée de l'enregistrement a fait du zèle…
  • … Tout peser… au gramme près ! (et ce n'est pas une image)
  • Frais d'over-weight exhorbitants…
  • … Et, surtout (surtout) pas moyen de discuter, encore moins de négocier.
  • Pour se consoler, Séb a eu droit de manger le dernier KitKat.
  • Ensuite, tout s'est déroulé sans encombre.
  • À Reykjavík, temps… typiquement islandais !
  • Débarquer les affaires.
  • Retourner à Sunna Guest House.
  • Réserver un nouveau billet d'avion, et un nouveau billet de train pour rentrer à Grenoble.
  • Aie le porte-monnaie !
  • Et ensuite il était temps d'aller dîner.
  • Chez Höfnin, sur les quais.
  • Soupe à l'oignon avec du pain… Presque aussi bonne que celle de mémé !

J20 - De retour... Mais de justesse !

04/05/2014 | Reykjavík - Aéroport de Keflavík - Aéroport Paris Charles de Gaulle - Lyon Part-Dieu - Grenoble

  • On pourrait se dire que le plus compliqué était dernière nous.
  • Mais l'aventure, c'est jusqu'au bout, ou pas du tout.
  • Tout avait pourtant bien commencé.
  • En voyant l'ampleur de nos bagages, notre chauffeur de mini-bus s'était mis à rire à gorge déployée.
  • Il avait même fait des photos
  • Ensuite, tout empiler dans le Fly-Bus, jusqu'à Keflavik.
  • Nous n'étions pas particulièrement en avance, mais pas en retard non plus…
  • … Et puis nous avons vu la cohue (enfin non, le bordel majeur) dans le terminal…
  • … Et nous avons compris que ça allait être compliqué.
  • Aéroport en travaux.
  • Tous les vols du matin qui décollent en même temps.
  • Pas assez de guichets pour s'enregistrer.
  • Des places à trouver dans le vol pour que tout le monde puisse rentrer.
  • J'ai marché sur des glaciers sans avoir peur…
  • J'ai attendu un hélico qui ne voulait pas venir sans m'inquiéter…
  • … Mais voir les minutes s'égrainer, bloqué dans la file d'attente, et me rendre compte que j'étais sur le point de râter (encore) l'avion…
  • … Oui, ça m'a stressé.
  • Larguer le sac sur le tapis…
  • Déposer les skis et les pulkas au comptoir over-size…
  • Franchir le contrôle de sécurité…
  • Monter dans l'avion…
  • … Et décoller 6 minutes après !
  • C'était limite, mais cette fois, c'était sûr :
  • On allait enfin rentrer chez nous !
  • Paris CDG.
  • Déjà l'heure de se séparer.
  • Plus que Séb et moi, à attendre le train pour Lyon.
  • … 2 sacs à pulkas de 45 kilos chacun…
  • … 2 housses à skis…
  • … 3 sacs d'expé et 2 sacs à dos.
  • Je vous laisse imaginer le bonheur pour faire entrer tout ça dans un TGV, le week-end du premier mai.
  • Lyon Part-Dieu.
  • 10 minutes pour changer de train.
  • Pour une fois, la SNCF était à l'heure, et tout s'est bien enchaîné.
  • Grenoble.
  • Bichette sur le quai de la gare.
  • Voilà, j'étais rentré chez moi, avec (seulement) deux jours de retard…
  • Et, dès le lendemain, j'allais reprendre ma vie d'avant, retourner travailler.
  • Comme si rien ne s'était passé…
  • … Enfin, presque !